Stratégies, pour son ultime numéro avant son habituelle trêve estivale, s’attaque à un sujet qui fait débat depuis un bon moment dans notre chère blogosphère : le statut de certains blogueurs et le business des blogs. Pas une mince affaire. Et en plus de titrer un article “blog business”, y consacrer moins de 4 pages, cela devient un exercice difficile voir périlleux. Bref, tant le fond que la forme suscite des réactions. Tant mieux. Tant pis.

Plaisir pervers
F. Kermoal dans son édito parle de “plaisir pervers” à titrer un dossier de telle sorte sur - soit disant - la blogosphère. Un titre ô combien racoleur. Racoleur alors on s’attend forcément à une synthèse sur l’évolution de la blogosphère (depuis le dossier de l’an passé). Point. Rien du tout.
Des mots. Des faits. On semble être revenu un an en arrière. Le brief, n’est pas celui que j’attendais. Rien n’est creusé. On ne se risque pas trop. Mais à force de ne pas se risquer, le retour de bâton des lecteurs est difficile (au même titre que les billets sponsorisés dixit Embruns). Pour un magazine comme celui-ci, il serait légitime de se “mouiller” un peu plus que ça.
C’est lisse, rien ne dépasse. On met 2-3 citations et on part en vacances. “Cette dérive publirédactionnelle ne manque pas de faire débat” souligne Alexandre Debouté auteur de l’article. Oui. Pourquoi n’avoir pas commencé par là ?!
C’est le débat. S’engager devrait être le maître mot. S’engager dans une relation…S’engager dans le débat…faire évoluer.
Une communauté qui râle
J’entends aussi une communauté qui râle car elle a peur du changement (de statut). S’insurger contre l’omniprésence des marques sur les blogs ou contre la sur-média-tisation, c’est tout de même cracher dans la soupe. Parler de blogocrevard quant on en est un (un peu) - Thomas Clément -, relève toutefois d’une forme de remise en question. Et c’est déjà pas mal.
En lisant l’article de Stratégies, j’ai l’impression que la blogosphère est irritée. Qu’elle se sent (semble) attaquée. Elle doit pourtant évoluer. L’arrivée des marques est un fait et on serait trop cons de pas vouloir le comprendre. C’est bien que (notre) le statut du blog a changé.
C’est à chaque partie - blogueur, régie et annonceur - de se responsabiliser. Et Stratégies dans sa position de média ne joue pas le coup à fond. Ne remet pas en cause chaque partie. Laisse la part trop belles aux blogueurs et aux plateformes de mises en relation blogueurs/marques. Des faits. Point.
On entend encore trop dire que parce que c’est sponsorisé, ça doit forcément être positif. Agence et annonceur se trompent. Le blogueur se trompe aussi en croyant qu’on va lui couper les vivres si l’avis qu’il donne sur un produit et une marque n’est pas positif. De la transparence bordel. Ce sera aussi bien vu par le lecteur.
De la relation aussi. Ecrire un billet sponsorisé entérine tout aspect relationnel entre la marque et le blogueur. C’est mon avis. Du ciblage aussi. Exposer la marque n’est pas une fin. Certains ne l’ont toujours pas compris.
Les régies et les annonceurs cherchent du trafic, pas de la notoriété. Le trafic est là . Mais à force de vouloir faire du trafic, la marque se trompe de cibles ! Faire 100 visites et 50 conversions vaut souvent mieux que 1000 visites et 20 conversions (tout dépend de la conversion bien entendue).
Quand je reçois des mails de plateforme - ebuzzing pour ne pas la nommer - me disant que mon blog “remplit les critères définient par l’annonceur” concernant “des compléments alimentaires”, je ne saisis pas bien. Très mal même !
Le tournant a pour certains était pris trop vite. Mais j’ai presque envie de dire que : “les blogueurs pour les marques sont comme les clients pour les prostitués, il y en a toujours eu et il y en aura toujours“. Toujours des blogueurs prêt à écrire quelques lignes pour quelques euros. Tant pis pour le sens.
L’agence ou la régie ne remplit alors pas son rôle, son rôle de conseil pour l’annonceur. De diffuser son message au bon moment, au bon endroit. De l’accompagner dans sa stratégie et ses objectifs.
C’est aux trois parties de se responsabiliser. Effectivement chacun à le droit de produire ce qu’il veut (même de la merde). C’est la loi de l’UGC.
On ne devrait pas parler de blog business mais plutôt s’interroger sur le statut du blog et des blogueurs (la presse à peut-être peur de voir son statut évoluer - comme le montre la fermeture récente du blog de Versac - à lire aussi le blog de Benoît Raphaël, demain tous journalistes?).
Si les marques font n’importe quoi c’est que les agences qui les conseillent n’ont pas compris cette évolution. Alors messieurs, posons les bonnes questions, apportons y des solutions. A commencer par un brin d’humilité.
Merci dès à présent de prendre note : je n’accepte pas les relations sans lendemain !
Quelques notes récentes sur le sujet…
Eric Maillard - A qui Stratégies prête des propos bien différents de ses idées
BuzzParadise qui a tout compris et qui soulève le débat
Thomas Clément qui parle de son statut
SQLI parle de la CIBLE !
Et à Gonzague cette phrase que je partage : “Alors plutôt que de perdre du temps à vous plaindre, à critiquer, faites en sorte de changer les choses , on n’est jamais mieux servi que par soi-même”.






“Ecrire un billet sponsorisé entérine tout aspect relationnel entre la marque et le blogueur.”
Je suis d’accord (”entériner” signifiant “garantir” “affirmer”…). Un billet sponsorisé est une belle preuve de confiance qu’une marque accorde à un bloggeur: elle lui confie sa marque, son image, et le rémunère pour la recommandation et la mise en avant sur un espace personnel. C’est donc un lien fort qui s’établit.
La notion de ciblage est intéressante. Vous soulignez la particularité des blogs: être des espaces personnels où le bloggeur est maître du contenu. Je vois un paradoxe à affirmer l’indépendance et l’intelligence des bloggeurs, et réclamer que les agences exercent un total contrôle sur les campagnes qui leur sont proposées.
La relation entre le bloggeur et l’annonceur passe par une responsabilisation, nous sommes d’accord. L’annonceur et la plateforme sont responsables car ils proposent et assument leur choix, et le bloggeur décide en dernier lieu s’il propose ou non à sa communauté une mise en avant de l’annonceur.
Vous n’avez pas participé à la campagne pour des compléments alimentaires, vous avez donc agi de façon responsable. Votre remarque sur le bien fondé du ciblage aurait été sensée si vous aviez écrit et publié cet article. Or ce n’est pas le cas. Nous vous avons fait confiance et nous avons eu raison. La voilà la relation annonceur/agence/bloggeur.
Je partage aussi votre envie d’humilité : faire d’abord, puis tirer les conclusions, et ne pas décider sur des bases théoriques.
Or, pour avoir lancé des centaines de campagnes sur des milliers de blogs, ebuzzing est désormais en mesure de tirer des conclusions documentées sur cette affinité marque/bloggeurs/lecteurs.
L’exemple des campagnes DIGITRAD est dans ce sens plein d’enseignements. En annonçant pour un produit high tech sur des blogs d’autres thématiques, nous avons eu de très bons résultats.
Les détails ici: http://www.slideshare.net/ebuzzing/digitrad
Que faut-il en retenir? Que la fameuse affinité entre marque et bloggeurs peut se faire grâce à des articles sponsorisés, et que sortir des sentiers battus ne relève pas forcément de mauvais ciblage, mais plutôt de reconnaissance du caractère particulier des blogs comme espace de communication. Voilà ce que nous proposons avec succès à nos annonceurs.
Je suis comme vous, je me méfie des solutions et des affirmations toutes faites. Il faut aller au-delà des apparences et se baser sur des faits:
La rémunération n’est pas un obstacle à la bonne foi et à l’intelligence, c’est une reconnaissance.
Je ne suis pas trop d’accord Amaury… N’est-ce pas le travail de la plateforme de mise en relation (vous!) de qualifier les relais d’influence ? Pour moi ça fait partie de votre travail !
D’ailleurs dans votre rubrique destinée aux annonceurs sur votre site (http://www.ebuzzing.com/annonceurs) vous dites valider les blogueurs en raison de la pertinence de leur profil et de l’intérêt de leur blog. Pourtant, a lire le blog de Renaud, il ne me semble pas trop “pertinent” pour nous parler de compléments alimentaires… A moins que chez eBuzzing, vous ne sachiez des choses qu’on ignore
(je taquine…)
Je ne crache pas dans la soupe… bien que je ne rédige pas de billets sponsorisés à proprement parlé, je suis pour la rémunération des blogueurs et les “relations” marques/blogueurs. Je trouve simplement qu’il est regrettable de s’arrêter à une SIMPLE mise en relation au dépit de la qualification des contacts… Sinon OU est votre expertise ???
Pour reprendre l’allusion à une relation amoureuse… Pour que la relation dure, il faut avoir un minimum de points communs. Meetic l’a compris http://www.meeticaffinity.fr
Nous qualifions les relais d’influence puisque nous validons effectivement les inscriptions et que nous catégorisons les blogs, en plus de récupérer des indices et d’y ajouter les nôtres.
Les propositions que les bloggeurs reçoivent sont donc faites en connaissance de cause.
Dans la fameuse campagne de compléments alimentaires, c’était un choix délibéré de s’adresser aux “BLOGGEURS” en tant que tels (les personnes). Cela a fonctionné pour DIGITRAD qui a eu des inscriptions qualifiées grâce à des relais sur des blogs de “vie quotidienne” autant qu’HighTech.
Autre succès de cette approche: la campagne sexyavenue
Que ces choix soient parfois moins judicieux, je l’assume, mais je persiste à dire qu’offrir toujours les mêmes campagnes aux même profils entraine ce fameux effet de saturation que tout le monde condamne aujourd’hui.
Une autre expertise que nous offrons, c’est la gestion du nombre. Au-delà des blogs influents, il y a une multitude de blogs intéressants pour un annonceur. Une plateforme comme la nôtre permet justement d’élargir le panel des blogs contactés. La fameuse long tail.
Nous vérifions que les éléments graphiques, les tracking, vidéos etc.. sont bien présents dans les articles. Nous gérons également les moyens de paiement etc…
Nous tenons compte de l’historique des bloggeurs ayant participé aux campagnes dans les recommandations aux annonceurs. Nous agissons en place de marché pour qu’enfin les prix reflètent effectivement l’offre et la demande.
Si tout cela parait SIMPLE, alors c’est que nous avons déjà fait du bon boulot ;).
Maintenant tous les conseils et retours tels que ceux exprimés dans ce post nous permettent de progresser.
Merci pour ces retours.
Cela dit je ne saisis pas bien : vous êtes entrain de me dire qu’une plateforme comme la votre ne cible pas les blogueurs auquelles la marque doit être associée.
Vous dites que la notion de ciblage est intéressante ? N’est-elle pourtant tout simplement pas l’une des bases d’une campagne : cible, message et offre.
Ainsi, vous avourez donc que les exemples Digitrad et Sexyavenue sont trop simples.
Si je reprends ce que vous évoquez ci-avant, seriez-vous prêt alors à faire une campagne display sur jeuxvideo.com pour une marque de prêt à porter féminin?
Je ne veux pas remettre en cause vos méthodes de ciblage, mais si la cible n’est pas correctement définie, comment faire passer le bon message au bon moment ? Si ce n’est pour faire du trafic (oui je sais, faire du trafic = faire plus de ventes).
Je dis au contraire que la notion de ciblage est particulière pour communiquer sur les blogs, et qu’elle se fait sur deux niveaux: en amont (je vous invite à relire mes commentaires sur nos différents moyens de ciblage), puis en laissant le bloggeur décider (renforcer l’affinité: si on choisit, on est plus impliqué non?)
Je n’avoue pas que les exemples sont simples mais je serais intéressé que vous développiez cette remarque par contre
Nous ne faisons pas de display (mais votre question serait intéressante à poser à un expert du behavioural targeting, on y apprend bcp de chose paraît-il) et le trafic n’a jamais été synonyme de ventes. Le trafic qualifié, oui.
L’étude de cas donne des chiffres d’inscriptions et des mesures de ROI très claires. C’est donc que le message est passé au bon endroit au bon moment. Donc bon ciblage. CQFD.
Mais je vous accorde qu’il nous revient de multiplier ces retours de campagnes pour que les débats comme celui-ci se fassent sur des exemples concrets, et en tenant compte de l’avis des annonceurs. Nous y travaillons.
Merci pour la mention, je me sens important l’espace de deux secondes
@G : Avec plaisir…
@Amaury : Plus de trafic veut dire potentiellement plus de ventes (même si ce n’est pas toujours vrai je l’accorde).
Une nouvelle fois, vous parlez de trafic qualifié et pourtant vous vous obstinez à me dire qu’une campagne pour des compléments alimentaires est en phase avec le trafic de mon blog ? J’aimerai bien voir le taux de conversion de vos campagnes si vous opérez un tel ciblage (à moins que ce ne soit pour de la visibilité, et là je vous rejoins).
Renaud, on aurait du te voir à la MixBlog sur la table ronde avec Wikio et Challenges, ça aurait été passionnant !
au plaisir
@Laurent : Oui. En tous les cas, si il y a une table ronde sur le sujet, je serai ravi d’y participer. Vraiment.
“Plus de trafic veut dire potentiellement plus de ventes (même si ce n’est pas toujours vrai je l’accorde).”
C’est avec ce genre d’affirmation que vous ne vous tromperez jamais
Les chiffres à propos des transfos sont présents dans l’étude de cas dont j’ai précisé le lien.
Ou est ce que je clique pour Plussoyer ? Très bon article Renaud… Moi, c’est l’un de mes leitmotivs : la transparence. Je n’aime pas quand une campagne n’est pas transparente. Et encore plus quand c’est ciblé à la facilité, par copinage, sans veille particulière… Et le jour où les marques accepteront qu’on puisse parler d’elles négativement, on aura fait un grand pas. Le probleme, c’est que les agences doivent vivre, donc elles ne risquent pas de titiller les annonceurs…
et pourquoi on ferait pas une petite table ronde / diner sur le sujet ?
ça vaut le coup nan?
Ca pourrait apporter un peu plus de transparence et des visions différentes blogueurs/régies/agences. Alors oui, ce serait une bonne idée.
uép ! sachant que quand je commente ici ou quand j’écris sur mon blog, je n’exprime que mon point de vue personnel
bon week-end Renaud !
Un autre avis sur TechCrunch France concernant les billets sponsorisés (et l’étude de cas d’eBuzzing): http://fr.techcrunch.com/2008/07/18/fr-alors-les-billets-sponsorises-ca-marche/
La méme phenoménon s’est passé au Japon. Beaucoup de blog demande des produits seulement les vendre.
La nouvelle stratégie pour filtre ce genre de site aura besoins.
Comme tout le monde ennuie, beaucoup de site de “afiliate” se sont affichés dans le résultat de chercher.
Est-ce qu’il y a quelqu’un qui inventer logiciel de filtrage ou moteur de la recherche pour éviter “anti-affiliate”.
[…] Pour une spécialiste telle qu’Anne-Valérie Hoh, les arguments semblent un peu futiles. Toutefois, cet article a le mérite d’être engagé et de lancer un “pavé dans la marre” au contraire d’un Stratégies il y a quelques semaines : blog business. […]