Blogo-bulle-égocentrique ?
Dans une précédente note “Presse traditionnelle vs nouveaux médias“, j’évoquais les différents articles rédigés par la presse traditionnelle sur la “blogosphère“.
Comme je le disais, tout ne semblait pas recevable et je parlais de statut. Ce statut que le blogueur, malgré lui, se donne de jour en jour. Vous le connaissez surement. Le blogueur qui twitt à tout va, qui prend en photo tous les petits colis qu’on lui envoi et qui crache dans la soupe quand il reçoit des communiqués de presse qui ne l’intéresse pas. Vous le connaissez celui là? Bien entendu, ils sont plusieurs et trust la tête des différents classements…à qui mieux mieux comme on dit.
Ne sommes-nous pas tombés dans une espèce de spirale qui veut que les agences (pour la plupart) utilisent toujours les mêmes ingrédients/méthodes pour essayer de toucher la cible la plus large possible via les blogs? Ça mange pas de pain et parfois c’est efficace.
A ce titre et avec une totale objectivité, je trouve très bonne l’initiative de YoutoYou – via le lancement de YouGether – qui a compris que les “influents” n’étaient pas tous des blogueurs.
Oui mais voilà, du haut de son statut, le blogueur ne veut plus être approché par les marques comme tout le monde. Les blogueurs n’ont et ne se donnent visiblement pas tous le même statut. Bloguer, oui mais après? Qui a t-il derrière cette population qui s’est vu propulser au rang d’infuenceur et d’”informateur” par les marques?
Oui, les marques. Faire la part des choses entre une opportunité de tester un produit ou se voir comme un privilégié : “j’ai été invité”…
Le blogueur a t-il besoin d’une forme de reconnaissance personnelle de par son nouveau statut? A t-il peur de se reconnaitre comme vendu ? Difficile de dire du mal d’un produit quand on est payé pour dire du bien ou quand on revient rempli de champagne de ces soirées pseudo-privées où on y retrouve toujours les mêmes (à quelques exceptions près). La faute à qui? Aux marques? Non puisqu’elles payent des community manager du côté des agences. Ces mêmes blogueurs qui travaillent en agence…bref vous voyez là où je veux en venir?
La blogosphère a en son sein une blogo-bulle-égocentrique qui ne doit sa popularité qu’à la venue des marques. Oui, le blog est devenu un espace d’influence (production de contenu facilement, persistance des données,…) mais on est passé d’un espace d’échange à un espace de promotion personnelle permanent. A qui la palme du blogueur le plus influent ?!
Nous savons très bien que la réputation d’une marque ne se joue pas dans cette blogo-bulle persistante même si les intéressés aiment encore le croire.
Nombreux sont ceux qui ont trouvés leur terrain de jeu et qui pense être les justiciers de la communication des marques en ligne.
La réalité est trompeuse. Le buzz au sens premier du terme, qu’il soit positif ou négatif, n’est jamais venu des pseudo consultant-blogueur d’agence mais bien de verbatim clients.
Est-ce que ça ne vous direz pas d’être un peu plus transparent et dire pourquoi vous avez parlé de telles choses ou de telles autres. Bien sûr, vous aimez dire que vous n’avez à rendre de compte à personne mais soyez honnête : vous trouvez plus le temps de parler d’une opération d’un collègue (qui bossent en agence) que d’une opération dont vous ne connaissez pas le destinataire.
J’aimerai savoir à ce titre :
Quels sont les éléments qui vont font parler d’une opération ou vous rendre à un événement? La stratégie globale de la marque? La dotation potentielle? La soirée? L’agence qui vous invite (et donc le collègue qui vous envoi le mail)? La quantité de champagne potentielle? L’annonceur? Les blogueurs présents?
Cela m’intéresse grandement. Pourquoi? car j’aimerai comprendre comment cette blogo-bulle fonctionne et quel est son pouvoir d’objectivité.
Je suis globalement d’accord avec ta reflexion. Cela dit, je pense qu’il est inutile de diaboliser cette sphère, au risque de te positionner toi même comme “un autre type de blogueur”, et de reproduire un certains nombres de comportements que tu décris.
Les blogueurs, quels qu’ils soient, ne sont que des humains, je ne pense pas qu’aucun d’eux ne fasse “exprès” d’agir et d’avoir l’influence que tu décris. On tâte là des mécanismes soci-psychologique de l’homme mis face à sa popularité, son expertise et sa position d’argument d’autorité.